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Parlement européen : perquisitions à Strasbourg et Bruxelles sur des fonds contestés

Photographie d'illustration : l'hémicycle du Parlement européen à Strasbourg en 2021
Photographie d'illustration : l'hémicycle du Parlement européen à Strasbourg en 2021. Cette image ne représente ni les perquisitions de 2026 ni les personnes concernées. Photo Gzen92 / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0. Crédit photo : Gzen92, CC BY-SA 4.0. Image recadrée.Photo : Gzen92 · CC BY-SA 4.0

Le 21 octobre 2026, des perquisitions ont été menées dans des bureaux du Parlement européen à Strasbourg et à Bruxelles. Le Parquet européen a confirmé à EUobserver que ces opérations s'inscrivaient dans une enquête sur l'utilisation de fonds européens par un ancien groupe politique. Le Parlement a précisé à Euronews que les investigations concernaient l'ancien groupe Identité et démocratie (ID), dissous en 2024.

Les enquêteurs n'ont pas rendu publiques leurs conclusions. Une perquisition n'établit ni détournement de fonds ni culpabilité.

D'où viennent les 4,33 millions d'euros évoqués ?

Le chiffre provient d'irrégularités relevées dans un contrôle financier des dépenses d'ID pendant la législature 2019-2024, selon l'enquête du Monde. Le dossier concerne notamment des contrats de prestations et des versements à des associations dont la conformité aux règles de financement des groupes est contestée.

Ces 4,33 millions d'euros ne constituent pas un préjudice pénal définitivement établi. Il s'agit d'un montant de dépenses litigieuses signalé dans le cadre du contrôle du Parlement, dont les conséquences financières et judiciaires restent à déterminer.

Le point sensible : un groupe dissous peut-il laisser des dettes ?

ID a disparu après les élections européennes de 2024. Plusieurs des partis qui le composaient ont ensuite rejoint le groupe Patriotes pour l'Europe (PfE). La commission du contrôle budgétaire du Parlement européen a proposé en septembre 2025 d'examiner la récupération des dépenses contestées, y compris la question d'une éventuelle responsabilité du groupe successeur.

PfE rejette cette interprétation : dans une déclaration rapportée le 21 octobre par Euronews, le groupe affirme qu'il n'existe aucune continuité juridique avec ID et qu'il n'est pas impliqué dans l'enquête visant l'ancien groupe. Cette position doit être distinguée des conclusions qui pourraient ultérieurement être prises par les institutions ou les tribunaux.

Le risque de contrôle à examiner est précis : lorsqu'une structure financée par des fonds publics disparaît, quelle autorité peut recouvrer les montants éventuellement dus, et sur quels critères établit-elle une succession juridique ? C'est une question ouverte, pas la preuve qu'une faille aurait été volontairement créée ou utilisée.

Deux contrôles distincts, une réponse encore attendue

Le Parlement dispose de mécanismes de vérification et de récupération de dépenses irrégulières. Le Parquet européen, lui, conduit une enquête pénale indépendante. L'existence de l'audit et des perquisitions montre que des contrôles fonctionnent ; elle ne dit pas encore si les fonds concernés sont récupérables, ni auprès de qui.

Pour comprendre les suites du dossier, quatre éléments publics seront décisifs : la qualification finale des dépenses, les décisions de recouvrement éventuellement adoptées, le fondement juridique retenu pour identifier un débiteur, et l'issue de l'enquête pénale. Tant que ces informations manquent, parler d'une fraude démontrée serait prématuré. Toutes les personnes visées ou susceptibles de l'être bénéficient de la présomption d'innocence.

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