LA PISTEMÉDIA

Booking.com visé par une enquête européenne sur les fausses annonces et les arnaques

Photographie réelle du point presse de la Commission européenne du 21 octobre 2026 annonçant l’enquête sur Booking.com.
Thomas Regnier lors du point presse de la Commission européenne du 21 octobre 2026, au moment de l’annonce de l’enquête sur Booking.com. Crédit : Union européenne, service audiovisuel · CC BY 4.0 (sauf avis particulier). Recadrage éditorial.

La Commission européenne a ouvert, le 21 octobre 2026, une enquête formelle sur Booking.com au titre du règlement sur les services numériques (DSA). Bruxelles veut savoir si la plateforme de réservation protège suffisamment ses clients contre les fausses annonces, les tentatives d'hameçonnage et certaines pratiques de classement payant.

Aucune infraction n'est établie à ce stade. La procédure vise à recueillir des preuves et à apprécier les mesures prises par Booking.com. Elle concerne les obligations européennes de la plateforme, pas une interdiction de réserver des hébergements.

Les fausses locations et les paiements frauduleux dans le viseur

Premier volet : les annonces d'hébergements qui n'existent pas, usurpent l'identité d'un établissement ou ne respectent pas les règles applicables. La Commission examinera comment Booking.com mesure ces risques, détecte les annonces problématiques et les retire.

Deuxième volet : les escroqueries qui utilisent des informations de réservation. Un voyageur peut recevoir un message lui demandant de confirmer sa carte bancaire ou d'effectuer un paiement sur un faux site. L'enquête s'intéresse notamment aux échanges de données entre la plateforme et les hébergeurs ainsi qu'à la conception de la messagerie utilisée pour communiquer avec les clients.

Il ne faut pas en conclure que toutes ces tentatives proviennent d'une faille de Booking.com. La question posée par Bruxelles est celle de l'évaluation des risques et des protections mises en place.

Pourquoi les annonces mieux classées sont aussi examinées

La Commission s'interroge également sur la visibilité de certaines offres mises en avant. Sur Booking.com, des hébergeurs peuvent améliorer leur position dans les résultats en versant une commission plus élevée. Bruxelles souhaite vérifier si les utilisateurs sont suffisamment informés du caractère publicitaire de ces classements et de l'identité de ceux qui les financent.

C'est un sujet distinct des faux logements. Une annonce authentique peut être présentée de façon insuffisamment transparente si le voyageur ne sait pas que sa visibilité résulte d'un paiement.

Ce que risque la plateforme, et ce qui change pour les voyageurs

Les articles 34 et 35 du DSA imposent aux très grandes plateformes d'identifier et de réduire certains risques systémiques. L'article 26 encadre la transparence publicitaire. Si des manquements étaient finalement démontrés, l'Union européenne pourrait prendre des mesures de mise en conformité et prononcer des sanctions. Le plafond légal peut atteindre 6 % du chiffre d'affaires annuel mondial pour une violation du DSA, mais aucune amende n'a été décidée dans cette affaire.

Booking.com affirme coopérer pleinement avec l'enquête et présente la sécurité des voyageurs comme une priorité, selon les propos rapportés par Euronews. La Commission n'a fixé aucune date de conclusion.

En attendant, les voyageurs peuvent vérifier que les demandes de paiement correspondent aux conditions de leur réservation, se méfier des liens reçus dans l'urgence et contacter directement l'établissement par un canal indépendant lorsqu'un message paraît suspect. Il ne s'agit pas d'une preuve qu'une réservation précise est frauduleuse, mais de précautions utiles sur toutes les plateformes.

Sources et références

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