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Pauvreté en France : ce que révèle l’Insee sur les difficultés qui durent

Une étude publiée le 1er octobre par l’Insee souligne que les épisodes de pauvreté monétaire sont devenus plus durables en quinze ans. Entre 2021 et 2024, 7 % des personnes étudiées ont vécu quatre années consécutives sous le seuil de pauvreté, contre 4 % entre 2008 et 2011.

Collecte alimentaire à Villeurbanne en 2018. Photographie d’illustration, sans lien direct avec les personnes de l’étude de l’Insee.
Collecte alimentaire à Villeurbanne en 2018. Photographie d’illustration, sans lien direct avec les personnes de l’étude de l’Insee. Crédit : Benoît Prieur · CC BY-SA 4.0.
La pauvreté qui dure
2008–20114,3 %
2021–20247,2 %

Source : Insee Première n° 2129, France hors outre-mer

Être en situation de pauvreté une année ne signifie pas nécessairement y rester. Mais les sorties durables deviennent plus difficiles. C’est le constat mis en avant par l’Insee dans une étude sur les trajectoires de niveau de vie en France, hors outre-mer.

Pour comprendre ce résultat, il faut distinguer deux indicateurs : le nombre de personnes pauvres à une date donnée et la durée pendant laquelle les mêmes personnes restent sous le seuil. Une proportion stable à un instant peut masquer des trajectoires très différentes.

Sept personnes sur dix restent pauvres l’année suivante

D’après l’étude, parmi les personnes sous le seuil de pauvreté monétaire en 2023, environ 71 % se retrouvaient dans la même situation en 2024. Cette proportion, de 63,2 % en 2008, a augmenté sur la période examinée.

L’Insee estime également qu’environ une personne sur quatre a connu au moins une année de pauvreté monétaire entre 2021 et 2024, une proportion proche de celle observée entre 2008 et 2011. En revanche, le passage sous le seuil sur quatre années consécutives concerne désormais 7 % des personnes, contre 4 % quinze ans plus tôt.

Autrement dit, la difficulté ne tient pas seulement au nombre de personnes confrontées à la pauvreté au moins une fois. Elle concerne aussi la persistance des situations.

Que mesure exactement le seuil de pauvreté ?

La pauvreté monétaire est définie à partir du niveau de vie du ménage, ajusté en fonction de sa composition. Le seuil usuel correspond à 60 % du niveau de vie médian. Ce calcul ne décrit ni chaque facture du foyer ni l’ensemble de ses conditions de vie. Il mesure la position économique relative d’un ménage dans la population.

Dans les données utilisées, le taux de pauvreté monétaire atteint 15,4 % en 2024 parmi les personnes vivant en logement ordinaire en France hors outre-mer. Cette valeur et les données de trajectoire ne doivent pas être confondues : la première photographie une année, les secondes suivent les personnes dans le temps.

Quand les difficultés de revenus deviennent matérielles

La durée de la pauvreté a des conséquences visibles dans la consommation quotidienne. Parmi les personnes restées sous le seuil de façon continue de 2021 à 2024, l’Insee relève que 69,1 % déclaraient début 2025 ne pas pouvoir faire face à une dépense imprévue de 1 000 euros.

Ce résultat ne veut pas dire que tous les ménages pauvres vivent la même situation. Il illustre plutôt comment la répétition des faibles revenus peut réduire progressivement les marges financières disponibles pour faire face à un accident de la vie.

Ce que l’étude ne permet pas d’affirmer

Les données ne démontrent pas à elles seules quelle réforme aurait causé cette évolution. Elles montrent des trajectoires et des corrélations, pas une explication unique de la pauvreté durable. L’Insee souligne aussi des liens avec l’emploi et le diplôme, qui méritent d’être détaillés sans en faire une explication individuelle simpliste.

Le principal enseignement reste donc méthodologique autant que social : suivre uniquement le taux de pauvreté d’une année à l’autre peut masquer la difficulté à en sortir durablement.

Sources et références

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