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AhsayCBS : des serveurs de sauvegarde attaqués, les anciens correctifs ne suffisaient pas

Baies de serveurs informatiques
Baies de serveurs informatiques. Photographie d'illustration, sans lien avec les machines compromises. Crédit photo : Helpameout, CC BY-SA 3.0. Image recadrée.Photo : Helpameout · CC BY-SA 3.0

Un serveur de sauvegarde est censé aider une entreprise à repartir après un incident. En octobre 2026, certains de ces serveurs sont devenus la cible d'attaques informatiques. Le logiciel concerné, AhsayCBS, sert notamment aux prestataires qui administrent les sauvegardes de leurs clients. Plus embarrassant : une version initialement présentée comme protectrice ne bloquait pas entièrement les failles exploitées.

L'éditeur Ahsay a finalement publié de nouveaux correctifs les 10 et 12 octobre. Il recommande désormais une reconstruction complète des serveurs dont la compromission est confirmée ou suspectée.

Des attaques observées dès le 7 octobre

Deux vulnérabilités d'AhsayCBS ont été rendues publiques le 4 octobre : CVE-2026-105133, liée à l'authentification, et CVE-2026-105134, susceptible de permettre l'exécution de commandes sur un serveur exposé.

La société de cybersécurité Huntress explique avoir observé leur exploitation à partir du 7 octobre. Au 8 octobre, ses équipes avaient identifié cinq organisations ciblées. Il s'agit du périmètre observé par Huntress à cette date, pas d'un bilan mondial des victimes.

Dans les systèmes examinés, les chercheurs ont relevé la présence de portes dérobées et du logiciel XMRig, utilisé ici pour miner de la cryptomonnaie avec les ressources des machines compromises. Certains fichiers cherchaient à ressembler à des composants de Microsoft Edge.

Ce dernier détail attire l'attention, mais il ne résume pas le problème. Une intrusion sur un serveur chargé d'administrer des sauvegardes met aussi en question la confiance accordée à sa configuration et à ses outils de restauration. Les sources consultées ne permettent pas d'affirmer que toutes les sauvegardes des organisations touchées ont été volées, détruites ou chiffrées.

Le revirement de l'éditeur sur sa propre mise à jour

Le 9 octobre, Ahsay publiait une clarification assurant que la version 10.3.4.0, sortie en août, protégeait contre ces deux vulnérabilités.

Le lendemain, l'entreprise reconnaissait que ce correctif ne suffisait pas. Un nouvel avis daté du 12 octobre précisait que deux versions précédemment distribuées, 10.3.4.0 et 9.15.2.59, ne corrigeaient pas entièrement les problèmes.

Cette chronologie explique pourquoi il est dangereux de se fier à une mention « à jour » sans vérifier le numéro exact du correctif installé. Elle montre aussi l'utilité des observations indépendantes : Huntress avait constaté que la version 10.3.4 restait exposée et affirme avoir vérifié que le nouveau correctif de la branche 10 bloque la première étape de l'attaque.

Les versions à vérifier en priorité

Pour AhsayCBS version 10, le correctif annoncé est 10.3.4.45. Pour la branche 9, il s'agit de 9.15.2.70. Ahsay indique aux utilisateurs des anciennes branches 7 et 8 de passer d'abord à la branche 9, puis d'appliquer ce dernier correctif.

Ces mises à jour sont distribuées aux partenaires depuis le portail de l'éditeur, qui demande aussi de redémarrer le serveur après leur installation. Les responsables informatiques doivent vérifier leur version exacte, appliquer la procédure officielle correspondant à leur installation et limiter l'exposition de l'interface d'administration.

Mais un serveur corrigé n'est pas nécessairement un serveur sain.

Dans sa mise au point du 13 octobre, Ahsay invite à rechercher d'éventuels comptes administrateurs inconnus, des composants de réplication non autorisés et des fichiers inattendus dans les répertoires de l'application. Si des signes de compromission apparaissent, l'éditeur préconise de reconstruire complètement le serveur à partir d'un système propre, puis de restaurer une configuration antérieure à l'intrusion.

Pourquoi cette affaire dépasse le cas d'un seul logiciel

Le danger d'une faille de sécurité ne se mesure pas seulement à sa gravité technique. Il dépend aussi de l'endroit où elle se trouve.

Un outil de sauvegarde occupe une place particulière dans le système d'information : en cas de panne ou de cyberattaque, c'est vers lui que l'entreprise se tourne pour récupérer ses données. Lorsqu'un prestataire gère les sauvegardes de plusieurs clients, la qualité de sa supervision et de ses mises à jour devient donc un sujet qui concerne bien plus que sa propre infrastructure.

L'affaire AhsayCBS rappelle deux choses. Un correctif annoncé comme suffisant peut nécessiter une révision. Et lorsqu'une intrusion a déjà eu lieu, l'installation de la dernière version ne remplace jamais l'analyse des traces ni une remise en état fiable.

Sources :

Ahsay, point de situation du 13 octobre 2026

Ahsay, avis de sécurité actualisé du 12 octobre 2026

Huntress, enquête technique et mise à jour du 12 octobre 2026

Sources et références

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